C
'est un joli poisson, qui se vend plutôt bien.
» Éric Cadou, 33 ans, pêche le merlan, à la palangre (la ligne),
de mai à octobre,
« à 10 milles [18 km]
dans le sud-est de Belle-Ile ».
À bord de
La Petit'Suzy, son fileyeur de 11,35 m,
coque bleu marine et bleu ciel cintrée d'un liséré blanc.
Éric Cadou pêche le merlan au sud
de Belle-Ile et le vend, en criée,
à Keroman.
Et frappée, à la proue, du portrait de Suzy,
« mon beau chien, croisé labrador ».
Éric travaille avec deux matelots, Luc, son frère, et Grégory Cardin.
« On quitte Keroman vers 1 h, on arrive sur la zone de pêche vers 6 h-7 h, décrit le patron-pêcheur.
En route, on boëtte les hameçons avec des morceaux de maquereau, frais ou congelés, qu'on a pêchés nous-mêmes ou que l'on a achetés.
» En une heure, l'équipage met à l'eau
« cinq bordées de 500 hameçons », filées par l'arrière du bateau.
Une bordée, ce sont cinq lignes assemblées, de 90 hameçons chacune montés au bout d'avançons (petit fil de crin)
« espacés de 1,50 m ».
Chaque ligne est lovée dans une caisse, les hameçons piqués dans le rebord.
La bordée est plongée par
« 60 m de fond » et étirée sur
« 1 mille » (1,8 km).
Elle est signalée en surface par deux perches flottantes, une à chaque extrémité.
Deux heures passent.
Pendant lesquelles certains siestent, d'autres pêchent de la lisse ou surveillent les chalutiers à la ronde.
Qu'ils n'embarquent pas les lignes dans leur chalut ! Le merlan, lui, chasse.
Et croque dans sa traque, près du fond de graviers, petits tacauds, sardines, lançons
... et, bingo, l'hameçon de la
Petit'Suzy.
« On commence à remonter les lignes, au vire-ligne, vers 9 h 30 et on termine dans l'après-midi », résume Éric Cadou.
Pas de tout repos.
Aussitôt démaillé (décroché), le merlan est
« étripé, lavé, rangé en caisse, sur le flanc »,
recouvert d'un film plastique, finement saupoudré de glace, «
puis mis en cale ».18 h.
La Petit'Suzy fait route terre.
Vers Quiberon, proche des lieux de pêche, où attend la camionnette isotherme qui rapatrie la pêche du jour
« 350 kg, c'est bien » dans les chambres froides de Keroman.
Le merlan y sera vendu le lendemain, à la criée de 4 h. Frais comme un gardon !
Yann GROAC'H.
Ouest-France
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