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ominique Michon, ex-pêcheur professionnel du Croisic, propose sa palangre brevetée et ses formations. Comme alternative aux pêches intensives.
Dominique Michon - devant la caisse et le vire-palangre -
possède un atelier à Saint-Nazaire pour fabriquer
et un autre au Croisic, pour stocker.
« Je crois bien être le seul en France à offrir cette prestation-là ! »
Le Croisicais de 58 ans vend une formation avec son matériel : un système de pêche à la palangre mis au point quand il piquait le bar, le congre et le merlan, de son propre bateau.
La palangre, c'est une ligne longue parfois de 3 km, jetée dans le fond de l'eau, sur laquelle sont attachées des empiles munies d'hameçons tous les 10 m environ.
Le « cerveau » de cette pêche artisanale phosphore sans cesse.
Il y a une douzaine d'années, le Croisicais vend son bateau pour enseigner la mécanique dans les lycées maritimes à Nantes, La Rochelle, les Sables, Saint-Jean de Luz.
À cette époque, Bruxelles interdit les filets maillants.
Dominique Michon propose un projet innovant de palangre en 2002 auprès de l'Anvar pour obtenir une bourse. Acceptée.
Able est devenu formateur en 2008
La petite société Able (Automatic Booster Line Engine) est née.
Le pêcheur dépose en fait des brevets d'invention depuis une vingtaine d'années comme d'autres remontent les casiers...
Les derniers concernent la caisse à palangre, cette sorte de bassine sur laquelle sont enroulées des centaines de mètres
de fil hérissés d'hameçons, que l'on esche (appâte) pendant qu'on déroule la ligne au large. Très technique.
Très dangereux aussi, « si on se prend un hameçon dans le doigt. » Il y a déjà eu des morts.
Dominique Michon a amélioré la sécurité en permettant de placer l'appât sur les hameçons avant que la ligne ne soit jetée à l'eau.
Par ailleurs, il a conçu un vire-palangre, une machine qui déroule la ligne dans l'eau, qui permet « de limiter le vrillage de la palangre », breveté en 2002.
Depuis, sa petite société à deux personnes prospère : 200 000 € de chiffres d'affaires en 2007.
Elle vend son système, complet ou non, adaptable sur tout type de bateau, pélagique ou fileyeur, « idéal » pour la reconversion.
Les premiers clients se comptent au Croisic : la demi-douzaine de palangriers du port « a des systèmes Able. »
Dominique Michon a essaimé depuis en Manche et le long de la façade atlantique : « 50 % des thoniers germoniers de l'Île d'Yeu », Quiberon, La Rochelle, pêche « Able » et même la Galice, en Espagne.
Cette année, Able espère voir son chiffre d'affaires augmenter de 40 %.
Les pêcheurs ont besoin de reconversion.
Dans les lycées maritimes, on apprend à réparer un chalut, un filet, mais jamais la pêche à la palangre.
Nous, on fait de la formation. »
Able donne la formation à son client qui achète le système et, depuis quelques mois, la société est enregistrée comme formateur « au titre de l'armement ».
L'ex-pêcheur voit dans la palangre la pêche à haute valeur ajoutée qui manque en France : le bar de ligne, le poisson noble pas abîmé, sélectionné, la ressource préservée, les fonds respectés :
« C'est ça, la pêche durable. »
Cette pêche artisanale est l'avenir. Il l'a toujours pensé.
Michel ORIOT.
Ouest-France
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