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RUXELLES - Les ministres européens de la Pêche ont commencé jeudi leurs traditionnelles
négociations annuelles sur la répartition des quotas de capture, sous la pression
des ONG qui s'indignent de l'ampleur prise par les rejets de poissons en mer.
Selon le commissaire européen à la pêche,
Joe Borg, le plan de reconstitution du
cabillaud commence à fonctionner.
AFP/MARCEL MOCHET
"L'Union européenne n'a pas aujourd'hui de politique pour résoudre le problème
posé par les quantités énormes de rejets de poissons en mer par les pêcheurs
qui n'en veulent pas", a dénoncé l'association de défense de l'environnement
marin Oceana, dans un communiqué publié juste avant la réunion.
Les ONG estiment que de 40% à 60% des poissons capturés en mer y sont immédiatement
rejetés soit parce qu'ils ne sont pas à la taille voulue, qu'ils ne correspondent
pas aux espèces recherchées ou que les pêcheurs ne disposent pas de quotas.
Elles font valoir du coup que les quotas que se répartissent les pays européens
entre eux sont trompeurs car il ne portent que sur les cargaisons effectivement
déchargées dans les ports, pas sur les quantités, beaucoup plus importantes, pêchées en mer.
Une situation qui contribue à appauvrir encore un peu plus les réserves de
poissons dans des océans.
"Nous assistons à un gaspillage scandaleux de millions de tonnes de poissons
chaque année en mer du Nord, cela doit prendre fin", accuse également Karoline Schacht,
du Fonds mondial pour la Nature (WWF) en Allemagne.
Concernant le cabillaud, "pour chaque poisson pêché, un autre est rejeté", affirme-t-elle.
Les choses évoluent toutefois. L'Union européenne et la Norvège viennent de
conclure un accord prévoyant une hausse de 30% en 2009 des quotas de pêche
au cabillaud (ou morue) en mer du Nord.
Mais en contrepartie, la Norvège a réussi à imposer aux pêcheurs européens
des contraintes pour réduire les rejets: utilisation d'engins et de filets
de pêche plus sélectifs, et fermeture de pêche dans les zones très sensibles
où évoluent des alevins.
Les ONG espèrent que les négociations entamées jeudi en fin d'après-midi à
Bruxelles, qui devraient aboutir vendredi dans la journée, permettront d'étendre
ces méthodes à d'autres zones.
En dehors de la mer du Nord et de la mer Celtique (sud de l'Irlande), où les
réserves de cabillaud sont en meilleur état que par le passé, partout ailleurs
dans l'Atlantique la Commission européenne demande une baisse des possibilités
de pêche de 25% en moyenne.
En 2008, les quotas de cette espèce ont été diminués de 9% et 18%.
Le résultat final de la négociation pour 2009 devrait s'en approcher.
Dans une zone particulièrement touchée, celle de "Ouest Ecosse" au large de la
côte occidentale de l'Ecosse, la Commission propose même de "mettre fin à la pêche"
non seulement de cabillaud, mais aussi d'églefin et de merlan.
Pour le hareng, la Commission propose des baisses allant jusqu'à 52%, et pour
l'églefin et la lotte de mer des réductions de jusqu'à 25%.
Pour le requin-taupe, espèce très menacée, elle demande même la fermeture de la
pêche. Et elle recommande le maintien de la fermeture de la pêche à l'anchois dans
le golfe de Gascogne, en attendant de nouveaux avis scientifiques au printemps.
La France, qui préside l'UE, est pour sa part mécontente du projet de réduction
de 15% des quotas de langoustines dans le golfe de Gascogne, qui inquiète les
pêcheurs bretons.
AFP
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http://www.romandie.com/infos/news2/081218170332.8dzgvnvk.asp