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es captures de cabillaud, langoustine et sole seraient réduites de 15 à 25 %, l'an prochain, selon le projet de la Commission européenne.
Pêche : Bruxelles veut une
baisse des quotas
(Photo Guy Drollet)
En voulant protéger la ressource en poisson, Joe Borg va s'attirer les foudres des pêcheurs.
Le commissaire européen à la Mer propose, en effet, aujourd'hui, de réduire de manière drastique les quotas 2009 de nombreuses espèces.
S'agissant du cabillaud, la Commission suggère de diminuer de 25 % les totaux admissibles de captures (Tac) dans la plupart des zones.
En mer Celtique, où opèrent des centaines de bateaux bretons, le quota de morue serait réduit de 8 %.
La situation est un peu meilleure en mer du Nord, où les stocks de cabillaud commencent à se reconstituer.
Interdiction du requin-taupe
La Commission s'en prend à l'un des produits phare du Finistère.
Elle prône une diminution de 15 %, en 2009, à 3 452 tonnes, du quota français de langoustine du golfe de Gascogne.
« On a fait des efforts , (licences, engins sélectifs)
et, malgré cela, Bruxelles semble vouloir « flinguer » cette pêcherie »,
s'indigne Hubert Carré, le directeur du Comité national (français) des pêches.
Mauvaise nouvelle aussi pour la flotte de l'île d'Yeu.
La Commission veut interdire,en 2009, les débarquements de requin-taupe, appelé aussi « veau de mer ».
Pour l'anchois dans le golfe de Gascogne, objet de conflits récurrents entre pêcheurs français et espagnols,
le projet prévoit de maintenir, l'an prochain, la fermeture de la pêche qui dure depuis juillet 2005.
Les services de Joe Borg n'excluent pas une réouverture, à l'été prochain, mais uniquement si le diagnostic des scientifiques le permet.
La proposition est sévère pour d'autres filières stratégiques en France : -15 % pour le lieu noir, le lieu jaune et le merlan;
-20 % pour la sole de Manche Est; -25 % pour l'églefin; -8 % pour la lotte.
Enfin, il est prévu la création, au large de l'Écosse, d'une zone fermée à la pêche pour protéger la lingue bleue.
Ce qui risque de gêner le travail des navires de nombreux ports français, notamment en Bretagne.
Les ministres européens de la Pêche se réuniront, en décembre, pour fixer les Tac.
Le grand marchandage permettra, certes, de rendre un peu moins sévères les restrictions prodiguées par la Commission.
Mais les professionnels se sentent pris dans une spirale infernale.
D'année en année, leurs prises autorisées diminuent. 165 navires français vont être détruits, cette année, grâce à des primes de l'État (1).
Lionel CHANGEUR
(1) Ce programme de sortie de flotte (47 millions d'euros), qui concerne notamment l'anchois et le thon rouge,
est l'une des quinze mesures du « plan pour une pêche durable et responsable ».
Mis en place par Michel Barnier, le ministre français de la Pêche, ce plan mobilise au total 310 millions d'euros de fonds publics sur 2008 et 2009.
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