C
arnassier sportif, le thon blanc est - dans l'assiette - à la hauteur de son hygiène de vie : goûteux et moelleux.
C'est à la fin du printemps que le thon blanc (ou germon) entreprend sa grande migration, accompagnant la remontée des eaux chaudes depuis les Açores... jusqu'aux côtes d'Irlande, en automne.
Cet infatigable voyageur est condamné à nager toujours, sans quoi ses branchies ne seraient pas oxygénées par le passage de l'eau et il mourrait d'asphyxie.

Le thon de ligne et de palangre convient
particulièrement à la consommation en frais.
Ouest-France
Cent cinquante navires français et deux à trois fois plus d'espagnols traquent ce précieux trésor tout l'été.
Dans les ports de l'Ouest, les chalutiers travaillent surtout pour les conserveries.
Beaucoup utilisent aussi, en même temps, des lignes traînantes à l'ancienne.
Elles permettent de
sortir de l'eau un poisson de la plus belle qualité, à consommer frais.
À l'île d'Yeu et en Bretagne, quelques bateaux se sont mis à la palangre depuis que le filet dérivant est interdit au nom de la préservation des dauphins : des centaines d'hameçons garnis d'appâts dérivent sur une très longue ligne.
Si le thon de chalut est payé au marin moins de 2 € le kilo par les conserveurs,
le thon de palangre ou de ligne ne se trouve guère (sauf promotion exceptionnelle)
à moins de 7 € le kilo, lors des ventes directes au consommateur que pratiquent les équipages sur les quais.
En poissonnerie, il faut compter au moins le double pour alimenter grillades ou ragoûts à la tomate.
Une précision : le germon n'a rien à voir avec le thon rouge surpêché en Méditerranée.
Cette espèce bénéficie cette année d'un quota français de plus de 7 000 tonnes, qui ne sera sans doute pas entièrement consommé.
Raymond COSQUÉRIC.