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Le défi de la reconversion des thoniers

Revue de presse | ©PALANGRIER.FR V1.03 Bêta | 02/07/2003 | < Précédent | Suivant >

Article paru dans Ouest France du 2 juillet 2003

L 'île d'Yeu revient sur la pêcherie de thon. Un défi technique et économique.
Oeil vif, ouies rouges, robe grise étincellante : qu'il était beau jeudi, sous le soleil breton, le premier thon blanc de l'été pêché par les marins de l'île d'Yeu. Le poisson de l'espoir pour Alain Voisin, patron du Marial qui est venu jusqu'à Camaret débarquer sa pêche pour faire goûter le thon nouveau à ses clients finistériens.
Fin 2001 en effet, ils étaient une vintaine de thoniers de l'île d'Yeu à faire leurs adieux à cette pêcherie au grand large. Leurs filets dérivants étaient interdits, parce qu'accusés de décimer les dauphins. Aujourd'hui, Yeu revient au thon blanc, mais avec des filets trournants, des hameçons et des chaluts. L'enjeu : maintenir une flotte de pêche au large sur l'île. Le thon blanc, abondant, est en effet indispensable pour faire la jointure estivale quand la ressource manque sur d'autres espèces. Les mesures de restriction que l'Europe s'apprête à prendre sur la sole et le merlu ne font que rendre plus urgente cette reconversion.
Deux navires ont choisi de pratiquer le chalut. Mais cette méthode ne peut se pratiquer qu'en fin de saison quand le poisson se rassemble au large des côtes de France et d'Irlande en bancs serrés.
L'Aufaline comme La Gabrielle et le Massabielle, seront de retour à la mi juillet. Première campagne, premier bilan : c'est là que l'on pourra mesurer l'efficacité de ces nouvelles techniques de pêche. ©palangrier.fr
L'Aufaline comme La Gabrielle et le Massabielle,
seront de retour à la mi juillet. Première campagne,
premier bilan : c'est là que l'on pourra mesurer
l'efficacité de ces nouvelles techniques de pêche.
Trois palangriers, le Marial, le Calébarian, et le Mammouth, se sont donc lancés dans la pêche à la palangre dérivante : ces longues lignes garnies de 2 500 hameçons auxquelles le dauphin ne risque pas de mordre. La première marée de l'été fut un demi-succès, le poisson étant trop rare. Mais sous criée, le thon germon s'est vendu 5,80 euros le kilo. C'est deux fois et demi voire trois fois le prix que les conservateurs payaient naguère le thon blanc pêché au filet. Normal : l'animal pris à l'hameçon et ramené vivant à bord pour être vite mis en cale réfrigérée est d'une qualité exceptionnelle. Si à la fin de l'été les pêches à la palangre sont un peu plus abondantes, l'affaire pourrait devenir rentable.

Poisson haut de gamme

On attend aussi, à la mi-juillet, les premières pêches des trois thoniiers neufs de 24,50 mètres qui viennent d'être construits par les chantiers Océa des Sables-d'Olonne grâce notamment aux primes européennes de recnonversion. Le Massabielle, l'Aufaline et la Gabrielle travaillent à la senne et au filet tournant : ils repèrent le thon au sondeur, lui jettent de l'appât pour le faire monter à la surface, l'entourent d'un filet de 1 500 mètres de long, la senne, qu'ils referment par le bas comme une nasse. Cette technique proemt également d'améliorer la qualité, mais avec des rendemets infiniment supérieurs à la palangre.
Comme des navires ont coûté très cher (2,5 millions d'euros pièce), il faudra pour les rentabiliser pêcher beaucoup de thon et le vendre cher en été. Et encore aussi, en dehors de la saison du thon, beaucoup de chinchard, de sardine, d'anchois et d'autres poissons voyageurs.
Une dernière inquiétude hante les esprits : éviterles frictions avec les Espagnols qui ont largement contribué à l'interdiction des filets. Des Espagnols qui ne cachent pas leur inquiétude, voyant les bateaux neufs très performants venir à nouveau concurrencer leur pêche traditinnelle à la canne.

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