Dominique Michon : l'envie d'inventer
Un article paru dans Le Marin-Dossier engins de pêche du 14 décembre 2001 - Philippe URVOIS
A
près avoir été électromécanicien à l'arsenal d'Indret, Dominique Michon a pratiqué la pêche à la palangre au Croisic, pendant de nombreuses années.
Le système qu'il a conçu n'est donc pas le fruit du hasard et a nécessité de longues périodes de tâtonnements.
"J'ai commencé à m'y intéresser en 1988,explique-t-il. Parce que j'ai toujours cru à l'avenir de la palangre. L'interdiction du filet maillant n'a fait que me conforter dans cette idée."
Dans ses recherches, il a bénéficié de l'aide del'ANVAR et son système fait aujourd'hui l'objet d'un dépôt de brevet.
Il est, à son sens, applicable, à de plus gros bateau.
"Je suis même convaincu que des chalutiers pourraient se reconvertir de façon tentable à la palangre" assure-t-il.
il se dit d'ailleurs tout disposé à en discuter avec les armements interessés.
Inventeur dans l'âme, Dominique Michon s'est également penché sur la pêche à la civelle.
le prix de cet alevin d'anguille est surtout fonction de sa vivacité, surtout si il est destiné au marché asiatique.
Or les tamis actuels les endommagent souvent.
"Il se créée un tourbillon dans le cul du tamisexplique Dominique Michon.
Cela fait pression sur la civelle qui essaye de s'échapper en passant l'extrémité de s aqueue dans les mailles du tamis.
Mais elles se cassent alors très souvent la colonne.
Cette civelle "équeutée" comme disent les pêcheurs meurt dans les jours qui suivent.
Pour éviter cela, Dominique Michon a donc eu l'idée de construire un tamis terminé par une réserve dans laquelle la civelle se retrouve à l'abri des tourbillons et des fortes pressions.
Thierry Quéméner, patron du Jessie Chris a testé le système.
"Le cul du tamis reste propre. Ca pêche aussi un peu mieux, de 5 à 10% de plus estime-t-il.
Et le poissonest nettement moins fatigué."
Dominique Michon, qui explique ce gain de capture par la meilleure filtration de son nouvel engin, assure alors que la mortalité des civelles est quasi- nulle.
"Certains mareyeurs verraient beaucoup d'intérêt à ce que les professionnels adoptent ces tamis", précise-t-il.
Le système a été breveté, il cherche maintenant un partenaire industriel pour le développer.