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Thierry Quéméner, palangrier au Croisic : "Je ne reviendrais pas au système classique"

Revue de presse | ©PALANGRIER.FR V1.03 Bêta | 14/12/2001 | < Précédent | Suivant >

Un article paru dans Le Marin-Dossier engins de pêche du 14 décembre 2001 - Philippe URVOIS

L e Croisicais Thierry Quéméner, patron du 9 mètres Jessie-Chris a participé avec son frère Lionel, patron du 12 mètres Storm à la mise au point du système. Il l'utilise en routine depuis deptembre dernier et s'en trouve visiblement très satisfait.
"C'est un vrai changement mais on s'y fait vite : le système marche bien. Je ne l'aurais pas gardé à bord autrement. Le filage automatique, c'est d'abord un gain de temps. je mettais autrefois 2 heures 30 à filer 800 hameçons sur des lignes pélagiques à bar. Là, je mets 1 heure 30. J'aurai pu en profiter pour mettre plus d'hameçons à l'eau mais ce n'est pas mon optique. Je préfère partir un peu plus tard en mer : à 4h30 au lieu de 3h ...
Une fois qu'on a mis à l'eau le début de la palangre, i n'y a pas grand chose à faire. Il y a juste à tourner la caisse d'un quart de tour de temps en temps mais on n'y met plus les mains. On ne peut donc plus se faire accrocher par un hameçon...
Thierry Quémener pratique la palangre depuis 18 ans. ©palangrier.fr
Thierry Quémener, pratique le métier
depuis 18 ans. Le système mis au
point par Dominique Michon est
une véritable aubaine qui lui
permet d'augmenter ses
rendements et de gagner du temps.
Le matelot ne s'occupe plus du filage, c'est moi qui surveille de la passerelle. On peut donc filer plein gaz si on veut pour le pélagique, je travaille à 5 noeuds. La ligne est beaucoup plus raide qu'avec un fialge manuel. On peut aller droit ou faire en arc de cercle : ça suit, à condition d'avoir les lests qu'il faut.
Chaque hameçon est positionné au plus juste : je passe plus de temps à surveiller le traceur et le sondeur que la caisse. Je peux donc suivre un tracé très précis. L'autre avantage du système, c'est qu'il n'y a pas d'à-coup. On peut filer sans problème des appâts mous, comme la sardine.
Une fois en pêche, la palangre reste bien tendue. On le voit bien parce qu'on la récupère comme on l'avait posée. Cela permet de travailler sur des têtes de roche où l'on perdait avant beaucoup de matériel. Le poisson se ferre également mieux. C'est très net pour le merlan : les rendements ont augmenté au moins de 20%. Mais cest aussi sensible pour le bar : on pique par exemple du gros poisson tout près des poids, ce qui n'était pas le cas avant.
Au virage, le gain de temps est moins net, sauf pour le merlan. Avec un vireur à bande, il fallait 1 heure 15 pour remonter 700 hameçons. Avec celui là, il ne faut que 50 minutes. Mais le travail est par contre beaucoup plus facile : il n'y a pas à faire de rands gestes pour décapeler les avançons, il faut juste les tenir raide pendant qu'ils passent dans la machine. Et c'est sans risque.
On peut aussi commencer à travailler sur la palangre sans arrêter de virer; On n'est pas non plus obligé, comme sur les vireurs à bande, de sortir la maîtresse quand elle est vrillée. Et on n'a donc pas à changer les avançons. Avec cet engin, la ligne et les avançons ne vrillent pas et le gut ne chauffe pas sur les guides. Comme il ne blanchit pas, il reste pêchant.
Pour moi, qui fait ce métier depuis 18 ans, c'est sans comparaison avec ce qui existait avant. "A mon avis, ceux qui vont y goûter ne reviendront pas en arrière."

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