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Lieu jaune : la palangre remplace la traîne

Revue de presse | ©PALANGRIER.FR V1.03 Bêta | 21/12/2007 | < Précédent | Suivant >

Un article paru dans Le Marin-Dossier engins de pêche du 21 décembre 2007 - Philippe URVOIS

Q uelques professionnels commencent à pêcher le lieu jaune à la palangre. Une technique efficace mais pointue. Fabrice Charlot pêchait le lieu à la traîne depuis environ 7 ans, du côté de Belle-Ile. Depuis 3 ans, il le pêche surtout à la palangre.

"L'été, le poisson mord seulement au lever et au coucher du soleil et déliasse les aguillons," explique-t-il. L'eau est claire et il se méfie. C'est difficile de travailler à la traîne dans ces conditions. A la palangre c'est différent. Une heure avant le lever du jour, je mouille 12 séries de 50 hameçons boëttés au petit crabe blanc. Sur des têtes de roche.

Pour Fabrice Charlot, la palangre est une technique plutôt rentable. ©palangrier.fr
S'il reconnaît faire des journées de 15 heures,
Fabrice Charlot ne regrette pas d'être passé
à la palangre. La technique est plutôt rentable.
Entre le début et la fin du filage, il s'écoule environ 2 heures 30 et je fais près de 15 miles. Il faut aller vite et c'est une technique. Je travaille entre 60 et 90 mètres de fond : la marge d'erreur est très faible pour bien positionner la palangre. C'est pourtant capital parce que le lieu ne chasse pas vraiment. Il faut lui mettre l'appât quasiment sous le nez.

Avec le système automatique de caisse que j'utilise, je file à 6 noeuds et tout tombe bien, au bon endroit. La palangre se réroule toute seule hors de sa caisse, lests et flotteurs partent sans intervention. Il n'y pas d'à coups. C'est important pour ne pas abîmer la boëtte. Pendant le filage, je reste très concentré mais une fois que c'est fini, je me dis que j'ai presque fait ma journée."


Le jeune patron de l'Ar Traz (9 mètres Béneteau de 1998) reconnaît tout de même qu'il fait des journées de 15 heures quand il pêche le lieu jaune à la palangre. "Il y a beaucoup de route mais je ne consomme au final pas plus qu'à la traîne. Et on ne peut pas travailler par gros coefficient" note-t-il à ce sujet.

8 Euros le kilo

La ligne doit être relevée 1 heure après le lever du jour. "Si la palangre a été bien mouillée, elle est bien tendue et le ferrage est meilleur, reprend Fabrice Charlot. La maîtresse de 180 centièmes est virée avec le vireur qu'a mis au point Dominique Michon. Il m'a coûté 7 500 euros mais je ne regrette pas l'investissement. la ligne ne repart jamais en arrière, même en cas de croche et le vireur permet de bien remettre la palangre dans son état d'origine. Le lieu a tendance à vriller les lignes. Le poisson fait en général entre 4 et 5 kg. Il n'est touché qu'une seule fois pour être pin'sé, filmé et mis sous glace, avant d'être conservé à 6 ou 7°C.

Discret sur ses rendements, Fabrice Charlot reconnaît cependant que le métier est rentable. "Il y a un vrai créneau pour le beau poisson. Les gens veulent manger du poisson de ligne pin'sé et sont prêts à mettre le prix. En moyenne, je vends à 8 euros le kilo."

Ce métier est pour l'instant peu répandu. Au Croisic, Fabrice Charlot est le seul à pratiquer de juin à novembre avec un autre bateau du port. "Le reste de l'année, on ne trouve pas de rab blanc, explique-t-il. je fais donc dans l'intervalle le casier à crevette."

A son sens la palangre a un bel avenir. "Avant je travaillais au filet dit il. J'ai arrêté ce métier à sause de son coût. A la palangre, il faut acheter le vireur et les caisses. J'en ai personnellement acheté 20 à 200 euros pièce. C'est un investissement mais après, on n'en parle plus. Le prix des palangres ne compte pas. Toutes montées, elles reviennent à 35 euros. Je les change toutes les 30 levées pour être sûr qu'elles soient pêchantes. Le premier poisson paye la ligne, le second les crabes. A la palangre les coûts de production sont nuls par rapport au filet. Et c'est surtout un métier agréable et beau."

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