Ligne pélagique, appâts vivants et caisse à filage autonome
Revue de presse | ©PALANGRIER.FR V1.03 Bêta | 01/11/1988 |
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Un article paru dans France Pêche (n°334) de Novembre 1988
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epuis un an, la société Seamar, installée à Saint-Nazaire, commercialise une caisse à filage autonome conçue par un patron du Croisic, Dominique Michon, 38 ans, qui pratique lui même la palangre.
Cet impénitent bricoleur est un adepte déclaré de la ligne pélagique.
Sa caisse s'y prête bien selon lui.
Son seul regret : ne pas avoir à sa disposition un vrai "vireur de ligne".
Dominique Michon pourrait éprouver du regret. Sa caisse à palangres, conçue voici plusieurs années, protégée par un brevet depuis deux ans maintenant, n'a pas encore trouvé d'acquéreurs.
Même au Croisic où il exerce le métier depuis plus de dix ans.
Et pourtant, assure t il, ce système se prête ben à la pêche au bar, au turbot, au merlan, et au merlu, sans oublier le congre, espèce que les palangriers croisicais traquent de préférence.
mais cet ancien électromécanicien de l'arsenal d'Indret ne baisse pas pour autant les bras.
Sûr d'avoir mis au point un système efficace, il ne désespère pas de convaincre ses collègues.
Longtemps seul à défendre son idée, il reçoit aujourd'hui le soutien actif de la société Seamar.
Ce système repose sur une caisse de base en polyester armé sur laquelle on peut incorporer des rails de stockage en alliage d'aluminium protégé.
Une gamme étendue de rails permet d'accueillir tous types d'hameçons.
Les bacs à boëtte, de conception identique à celle de la caisse, sont crantés pour recevoir des volets.
Ces bacs amovibles sont agraffés sur la caisse.
Pour stocker les poids et les flotteurs, on fixe des tuyaux d'orgue sur les bas côtés de la caisse.
Une goulotte favorise le filage de la ligne.
Elle est indispensable pour la sortie des poids et des boules.
Elle permet d'éviter tout accrochage des hameçons.
Sa forme a été étudiée pour offrir une glisse maximum de la ligne.
La capacité de la caisse est de 4 000 m pour une ligne monofilament de 160/100ème ou de 2 000 m pour une tresse P.A. de 4 mm.
Un des intérêts du système, souligne Dominique Michon, c'est de pouvoir intégrer des avançons monofilament de toutes dimensions.
Autre avantage : ce sont des caisses qui ne sont pas encombrantes, de 70 cm de large.
De plus, c'est un matériel que l'on peut débarquer et qui se prête donc à la polyvalence des métiers.
Une ligne impérativement bien tendue
Pêchant à l'occasion la crevette, Dominique Michon se dit avant tout palangrier.
Et c'est en tant que tel qu'il déclare :
"Je regrette que nous n'ayons pas de vrais vireurs de lignes à notre dispostion.
Il n'y a que des vireurs de casiers transformés.
Avec le matériel que nous trouvons sur le marché, les lignes ont encore trop de contraintes.
on ne peut pas les positionner comme il faut."
Or, pour lui, une ligne se doit d'être impérativement bien tendue.
"Pour atteindre un bon degré d'efficacité il faudrait associer un bon vire ligne à la caisse de filage autonome."
Ce vire ligne idéal, il ne désespère pas de le trouver, quitte à y mettre de sa personne.
Toute sa réflexion est engagée en vue de tirer encore meilleure partie de sa ligne pélagique, sa technique de pêche préférée.
"C'est une ligne qui suit bien le fond, qui peut être tendue à la volonté du patron, et qui permet aux hameçons d'être près des roches sans y toucher.
Elle est moins soumise aux oscillations de la houle qui provoquent le débouettage.
Plus on file vite, plus une ligne est tendue.
On a lancé des lignes à des vitesses très grandes, jusqu'à 12 noeuds au cours d'essais de démonstrations.
Mais en temps normal, 8 noeuds suffisent."
Toujours à la recherche d'une astuce permettant des gains de productivité, Dominique Michon a mis au point un système de boëttage de l'appât vivant, toujours sur ligne pélagique.
Le système, couvert lui aussi par un brevet depuis 1987, offre l'avantage de commencer le boëttage dès la sortie du port ou après avoir pêché l'appât, pendant que le bateau fait route sur zone.
Une fois l'hameçon boëtté, le lançon est logé la tête la première dans un compartiment individuel dans le bac à boëtte.
Il va y rester une à deux heures jusqu'au filage.
Quand commencent les opérations de pêche, le bac à boëtte est vidé de son eau, la ligne entraîne chaque avançon, fait pivoter un à un les compartiments individuels puis s'échappe par la rampe de filage.
Cette manoeuvre se fait sans intervention humaine.
Pour les lignes que l'on boëtte avec du crabe, voire de la crevette, les logements ont un gabarit approprié, mais le processus reste le même.
"En pouvant boëtter à l'avance, on le fait mieux et l'on masque bien l'hameçon", commente Dominique Michon.
Un boëtteur automatique pour poisson entier
On ne saurait conclure sans parler de cette autre idée qui traîne dans la tête du patron de "l'Ange des Mers", un palangrier de 12m.
Pour pouvoir pêcher certaines espèces, dont le merlu, il aimerait disposer d'un boëtteur automatique du type poisson entier au départ de chaque rail, tout en gardant l'avantage d'utiliser la ligne du choix du pêcheur avec la longueur des avançons désirés.
Et là encore, visiblement, les petites cellules grises de ce patron pêcheur inventif fonctionnent à plein.